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Gardiens de l’information

Marc Ash/ Le Temps/ Le groupe de Coppet

 

Marc Ash a également créé des « Gardiens de l’information », évoquant les situations où la liberté de la presse est mise à mal.  Ainsi, le jour de l’inauguration, se référant à cet aspect de l’œuvre, les rédacteurs en chef du Temps nous rappelaient les différents aspects que prennent la censure, au-delà d’une interdiction pure et simple de « parler de ». Ils ont cité Ján Kuciak, leur confrère slovène appartenant au même groupe de presse, assassiné en février alors qu’il enquêtait sur la mafia du pays. Ils évoquaient également le nombre croissant de procédures juridiques intentées contre leurs journalistes.

Et nous savons combien parfois, lire la presse peut aussi bien nous plaire que nous déplaire, mais dans l’un comme dans l’autre cas, nous en avons besoin.

 

A cet égard nous rappelons ici les propos qui ont été tenu dans le groupe de Coppet.

Bonstetten qui en était le doyen nous raconte dans ses « Pensées sur divers objets de biens publics » (1815), qu’«un peuple opprimé devient tellement nul qu’il n’a plus de voix pour se plaindre. La plus lourde tyrannie peut peser sur lui sans que personne en soit instruit. Les hommes coupables savent faire taire les plaintes des faibles.

Dans un tel état, le seul moyen de se faire entendre est la presse, et par conséquent, violer la liberté de la presse, c’est faire taire les cris de la souffrance, ôter au malheureux le premier de ses droits, celui de se plaindre et de crier au secours lorsqu’on l’opprime. »

 

Dans « de la littérature » (1800) Mme de Staël évoque l’état de la France,

Elle nous dit qu’«on voulait y établir un genre d’égalité, qui met extérieurement au même niveau tous les esprits et tous les caractères : on voulait cette égalité qui pèse sur les hommes d’esprit et soulage la médiocrité jalouse. Il fallait parler et se taire comme les autres. »

Propos contemporain quand on pense au politiquement correct et combien il est peu de lieux en ce monde qui soient comme ici, un refuge pour les idées.

 

Ici s’expriment deux des aspects les plus fréquents qui entravent la liberté de la presse : l’oppression et la normalisation de la pensée et des mots, ou des mots et de la pensée. C’est un des fondamentaux de la presse que de nous amener par une information, peut être dissonante, à nous interroger.

En définitive, quel que soit l’abord que l’on choisisse, il en résulte que la presse nous est un organe essentiel de notre liberté. Et que cette liberté que nous tenons au bout de nos doigts en quelques feuillets d’une lecture pas toujours assidue, il nous appartient de la préserver. Le faire, c’est préserver une part de notre intégrité.